Tipiu : la prochaine étoile montante du manga vient bien de chez nous !

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Qui n’a jamais été confronté au célèbre média japonais du manga ? Que ce soit au travers du format papier ou des adaptations sur le petit (et le grand !) écran, les incursions des Japonais dans notre vie quotidienne tendent à aller en s’accroissant. Tout le monde en parle, tout le monde en a déjà vu au moins un par erreur entre deux séances de zapping le dimanche matin…

Et si je vous disais qu’une prochaine star du manga se cache parmi nous, à notre insu pour ainsi dire, dans les couloirs de la fac ?

Difficile à croire, et pourtant Tpiu, car c’est bien là le pseudonyme sous lequel elle œuvre avec talent, a récemment fait l’objet d’une interview par les éditions Kana.

Autant vous dire que c’est du lourd. Du très, très lourd.

Place à l’interview !

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Maxime : Alors est-ce que tu pourrais nous parler de toi, nous raconter un peu ce que tu fais à la fac… ?

Tpiu : J’ai toujours fait des petites BD, j’ai commencé dès la primaire, et puis j’ai découvert le manga en 6ème; j’ai tout de suite adoré. C’est en seconde que j’ai décidé que je voulais devenir mangaka, et un an plus tard que ça serait au Japon, donc il m’a fallu apprendre le Japonais, et me voilà ! Actuellement je suis en LLCE Japonais afin d’apprendre la langue et de rencontrer des éditeurs… au Japon !

Maxime : En 6ème ? Ça semble déjà si loin pour la vieille carcasse que je suis. C’étaient quoi, tes premiers mangas ?

Tpiu : Mon premier manga c’était Naruto. J’ai bien découvert une foule d’autres mangas dans l’intervalle, peu m’auront autant marqué que lui, à l’exception de Full Metal Alchemist et Darker Than Black, deux de mes gros coups de cœur. Ensuite est venu One Piece, qui a été pour moi le manga ultime et qui m’aura inspiré jusqu’à aujourd’hui.

Maxime : Ce sont donc tes références graphiques, ou tu en as d’autres ?

Tpiu : Ah ! Niveau références graphiques ça serait plutôt Blue Exorcist et un autre plutôt obscur, The Moon Sword. Les travaux de Tatsuya Endo et Kazue Kato, en somme.

Maxime : Tu peux nous parler des projets que tu mènes, sur quoi tu dessines ?

Tpiu : Alors, je ne peux pas réellement parler de toutes mes histoires, parce que j’en ai terminé beaucoup… genre, beaucoup beaucoup (rires). Je travaille sur une série, intitulée « Le Roi des Chapeaux », qui traite de magiciens capables d’insuffler la vie dans des objets. Sinon, ma dernière production en date est un one-shot sur une sorcière assez catastrophique. C’est une histoire humoristique, très légère. Je suis en train de terminer les bonus avant de les envoyer à l’imprimeur.

Je me prépare actuellement pour la Japan Expo de Paris. Je m’occupe des pages, des bonus, de tous les trucs sympas qui vont avec les one-shots. Cela comprend donc les, dessins, ombres, la couleur etc… Même si j’ai un ami qui m’aide pour la mise en page et l’édition de l’ensemble. Ceci fait, je les vends en convention afin de me faire connaître et de rencontrer des gens. Le succès est venu progressivement, et de mes 17 ans à maintenant on peut dire que l’ampleur a décuplé. Déjà parce que j’ai effectué de sérieux progrès entretemps, mais aussi parce que ma page Facebook a gagné énormément de visibilité ; mes fans viennent nombreux pour me voir et m’acheter des fanzines.

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Maxime : Est-ce que tu considères que tu apportes quelque chose de français à ta façon de raconter les histoires ?

Tpiu : Dans le dessin, clairement non. Pour être publié au Japon il faut vraiment avoir un style manga japonais. Ils ne veulent pas un style franco-belge ou américain. Ce ne sont pas des comics ou de la BD telle qu’on la fait chez nous qu’ils désirent éditer, mais bien du manga. Mon style de dessin est donc typé Japon en conséquence. Par contre, j’ai vraiment envie de mettre ma patte française, de mettre en avant ma culture dans mes histoires. Pour le moment je ne le fais pas beaucoup, parce que je me concentre sur des productions très courtes et ce n’est pas le plus important. J’ai cependant un possible projet d’un prochain one-shot qui se passerait en France. On n’y verrait donc pas les sempiternels lycées japonais avec leurs uniformes, mais plutôt les lycéens français. J’ai également envie d’injecter des traditions françaises dans mes prochaines histoires, comme le 1er mai, le carnaval, le BAC…

Maxime : Si tu pouvais choisir un éditeur japonais avec lequel travailler, ce serait lequel ?

Tpiu : La Shūeisha, qui a édité entre autres One Piece, Naruto… Je pense viser les gros éditeurs.

Maxime : Et si tu avais des mangas ou des animes à proposer pour permettre aux gens qui nous lisent (et qui ne sont pas nécessairement réceptifs à cet univers en général) de mettre un pied dans cette culture, quels seraient-ils ?

Tpiu : Déjà, je dirais que tous les mangas ne sont pas à mettre entre toutes les mains. Effectivement, j’ai cité des titres assez « enfantins », mais il est primordial de ne pas se limiter à cette première vision du manga. A l’origine, mes parents étaient catégoriques là-dessus, ils m’avaient carrément dit « jamais de mangas à la maison ! »… et en définitive aujourd’hui il y en a plus de 600 dans mes étagères.

Si je pouvais proposer des mangas ou des animes, je citerais avant toute chose les Miyazaki ; ce n’est pas à proprement parler du « manga », mais ça fait partie de l’animation et de la culture japonaises. En manga ou anime pur et dur, si vous voulez des thématiques sérieuses, il y a l’incontournable Death Note bien sûr (celui-là, il ne faut pas passer à côté), mais aussi Psycho Pass

Maxime : Oh ! Celui-là donnera matière à réfléchir aux juristes qui nous lisent.

Tpiu : Ah ça… Hum (pensive), oui ! Sinon j’ai fait regarder à ma mère Your Lie in April (Shigatsu no kimi no uso), qui est un anime très récent sur la musique classique ; elle a adoré ! Je pense que ça pourra parler à certaines personnes. Je ne sais pas si tu es au courant, mais Ghost In The Shell va faire l’objet d’une adaptation cinématographique avec Scarlett Johansson…

Maxime (surpris) : Scarlett Johansson ?! La logique m’échappe !

Tpiu : On est d’accord là-dessus, ils prennent des acteurs japonais pour jouer des Allemands dans l’Attaque des Titans, et des occidentaux pour jouer des Japonais dans Ghost In The Shell…

Maxime : Haha, à voir donc. Est-ce que tu aurais des conseils à prodiguer pour ceux qui aimeraient se lancer dans ce genre de production ?

Tpiu : Personnellement je pense qu’il faut se montrer curieux, faire des recherches et s’intéresser à autant de styles différents que possible. C’est pour cette raison que j’enchaîne les one-shots, je m’essaye à toutes les techniques et je me perfectionne petit à petit. Cela me permet aussi d’approcher différents genres ; je vais pouvoir tester de la Science-Fiction, puis de la Fantasy, du post-apocalyptique, du moderne…

Il faut aussi savoir que, pour être publié au Japon, le processus débute par une sorte de concours où on va vous demander de réaliser un one-shot ; ensuite, c’est le vote des lecteurs qui décidera.

Maxime : Donc tu préconises plutôt de rester éloigné des séries longues, afin d’éviter l’éternel problème du « mon premier chapitre est dégueulasse, mais c’est quand même par-là que les lecteurs commencent alors qu’il n’est plus du tout représentatif de mon niveau. »

Tpiu : Exactement ! J’ai beau travailler sur une série, quand je compare le premier chapitre et là où j’en suis maintenant…

Maxime : Une sensation que je ne connais que trop bien.

Mes états d’âme d’écrivain maudit mis à part, je ne peux que vous conseiller d’aller voir sur la page de la demoiselle à l’adresse suivante :https://www.facebook.com/TpiuArt.

Son coup de crayon parlera de lui-même.

Maxime Duranté

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