Rohani à Paris, symbole de l’émergence du géant perse aux yeux du monde.

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Au lendemain de son voyage en Italie, Hassan Rohani, chef d’Etat iranien, effectue sa visite à Paris après avoir annulé sa précédente venue, suite aux attentats du 13 novembre 2015. Cette visite, qui semble à première vue économique, permet de s’intéresser à l’ouverture diplomatique que le pays officialise depuis quelques jours; une ouverture qui semble possible notamment grâce à l’accord historique passé entre les grandes puissances de la communauté internationale et Téhéran, le 14 juillet dernier.

Cet accord repose essentiellement sur trois piliers. Le plus retentissant concerne la levée, début 2016, des sanctions imputées à l’Iran depuis une dizaine d’années, en réponse au rapport de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique confirmant que la capitale respectait ses engagements concernant le nucléaire. En lien avec la levée des sanctions, l’accord comprend une limitation du programme nucléaire iranien pour un minimum d’une décennie. Le dernier point important de l’accord s’attache au renforcement entres autres des inspections au niveau de la production d’uranium et de plutonium.

D’importants contrats commerciaux devraient être signés entre l’Iran et des pays européens. De nombreuses entreprises cherchent à s’établir ou à s’installer de nouveau en Iran, parmi lesquelles Airbus, PSA Peugeot Citroën et Renault. Hassan Rohani vient s’entretenir avec des chefs d’entreprises français pour signer de possibles contrats d’envergures. C’est le cas avec l’achat de 114 appareils d’Airbus prévu, qui symbolise un investissement dans l’aéronautique nécessaire qui permettra de développer le tourisme, en hausse depuis juillet dernier, et qui semble être un enjeu majeur pour l’Iran.

Le pays se positionne aujourd’hui en tant que nouvel acteur de l’économie mondiale, et les relations privilégiées qu’il a pu entretenir avec la France dans le passé laissent miroiter le renouvellement d’échanges conséquents entre Téhéran et Paris. Les pays européens vont cependant entrer en concurrence avec des puissances émergeantes solides, l’Inde et la Chine, qui ont su tisser des relations autant diplomatiques qu’économiques avec l’Iran, profitant de l’embargo de 1979.

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Grâce aux accords de Vienne, la République Islamique entame un nouveau cycle après avoir été mise à mal par la chute des cours du pétrole. Si Hassan Rohani fait des relations internationales une de ses priorités, le pays reste dans une situation difficile, le chômage en augmentation depuis 2012 incite le gouvernement à repenser l’économie entière du pays, à la diversifier. Même si les récents accords délestent l’Etat du climat morose dans lequel il est plongé depuis douze ans, les effets de ceux-ci ne seront pas instantanés. L’ouverture diplomatique du siège de l’ancienne Perse apparaît à l’heure actuelle comme étroitement liée à l’évolution de sa société, et aux questions de politique intérieure.

Les élections parlementaires qui se tiendront le 26 février prochain permettront de mieux sonder l’orientation politique du pays, mélange d’ouverture (le président actuel) et de conservatisme (l’ayatollah Khameini).

Par ailleurs, les engagements récents de l’Iran dans le conflit syrien confirment que Téhéran tente de retrouver un rôle majeur dans la région, notamment en soutenant les autorités syriennes dans le conflit les opposant aux divers groupes rebelles. Cette tentative d’hégémonie alimente les tensions entre l’Iran et l’Arabie Saoudite, deux puissances religieusement opposées, qui se disputent le marché du pétrole. De ces tensions a résulté la rupture des relations diplomatiques entre les deux Etats.

C’est dans ce contexte délicat que le président Hassan Rohani amorce des démarches historiques pour son pays, amorçant les ambitions iraniennes au sein des relations internationales pour les années à venir.

Marie Vienne

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