Partir hors cadre d’échange, pourquoi pas ?

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« Envie de partir à l’étranger ? »

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C’est à force de voir placardées ces affiches à l’université que l’on se dit pourquoi pas ! J’avais pris connaissance à la fin de ma licence en droit public d’un diplôme de maitrise en droit international et politique à l’université de Sherbrooke, au Québec. Durant mon master 1 droit international à Lyon 3, les professeurs ont insisté sur la pertinence d’une expérience hors échange, avec à la clé un diplôme étranger non rattaché à un établissement français. Mais pourquoi choisir une université francophone pour partir à l’étranger ?

Deux choses à prendre en compte, et la première est que les études en Amérique du Nord sont coûteuses. La deuxième, tient au fait que la France accorde seulement le statut d’expatrié aux étudiants partant hors échange. Conséquence : plus de lien avec Lyon 3 ou la France, et donc pas de possibilité de bourse ou de financement. C’est là que le choix du Québec apparait judicieux, puisque la province propose aux citoyens français des frais de scolarités minorés (le quart des frais assumé par les autres étudiants internationaux !). L’entente s’étend aux frais d’assurance maladie, remboursés une fois sur place sur simple présentation d’une preuve d’affiliation au régime d’assurance français.

Après la surprise de l’acceptation par l’université, vient le temps de l’organisation. 300 euros sont à prévoir pour se procurer les documents d’immigration. Une fois sur place, comment prévoir et gérer son budget?

Au Québec, l’immobilier est moins cher qu’en France, et les logements étudiants en dehors du campus proposent des loyers avantageux. Les sites d’annonces (kijiji), permettent de trouver collocations, appartements et mobilier à bon prix. Toutefois le coût de la vie y est différent. Si les produits de base peuvent se trouver à des prix raisonnables, tout ce qui est considéré comme non nécessaire est surtaxé (biscuits, fruits secs, alcool..). Par ailleurs l’hiver canadien, que sa réputation précède, implique des dépenses vestimentaires (environ 250€), et impose de vérifier que le chauffage est bien inclus dans le prix du loyer.

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Planifier et gérer les dépenses de la vie quotidienne n’est pas compliqué. L’important est de ne pas oublier qu’il y a toujours des extras et des imprévus. Tout comme aux États Unis, les pourboires sont à ajouter au prix des restaurants et autres sorties. Il convient par ailleurs d’être vigilant concernant la téléphonie mobile et internet, car les opérateurs sont susceptibles de demander un dépôt de garantie à l’ouverture de la ligne.

Si au final la vie semble chère, il ne faut pas oublier que le taux de change est à l’avantage des étudiants français. Et si malgré tout un coup de pouce est nécessaire, les nouveaux permis d’études délivrés par le gouvernement canadien permettent aux étudiants étrangers de travailler 20h par semaine hors campus. Il est également possible de travailler sur le campus, où le volume horaire n’est pas limité. Pour les chanceux qui décrocheront un emploi à l’université, une simple demande au service étudiant est nécessaire. Pour les autres, il suffit de se procurer auprès des services d’immigration un numéro d’assurance sociale (gratuit), qui permet d’accéder au marché de l’emploi. La rémunération s’effectue au bout de deux semaines, pratique pour les petits imprévus.

Enfin, en dehors des considérations budgétaires, un séjour à l’étranger c’est avant tout une expérience de vie. Partir hors échange c’est s’obliger à s’intégrer, à voir plus loin que la simple démarche universitaire. C’est s’enrichir d’une nouvelle culture et de nouvelles rencontres. C’est partir un an ou plus à 6000 km de chez soi, mûrir et surtout profiter. C’est aussi s’investir deux fois plus dans ses études, et découvrir des méthodes de travail différentes.

Sur ce dernier point, je dois mentionner que ma propre expérience continue de m’apporter énormément. La maitrise que j’ai choisie de suivre propose une approche complètement appliquée, et donc complémentaire aux enseignements français. Au revoir cours magistraux, bonjour oraux, simulations de réunions ministérielles, briefing et autres exercices. Partir hors échange implique une longue réflexion. Cette étape franchie, il suffit d’organisation, de motivation, de trois secondes de courage pour dépasser le stress du départ, et l’expérience promet d’être inoubliable.

Alors, prêts à partir ?

Amélie Duhoux

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