Orchestre symphonique de Lyon III

0

Retour sur le premier concert de l’orchestre symphonique de l’université Jean Moulin Lyon 3

Mercredi 22 octobre avait lieu en Amphi Malraux le premier concert de l’année de l’orchestre symphonique de l’université Lyon 3.
Je vous vois venir : la musique classique a rarement bonne presse dans nos générations (et celles de nos aînés). Hermétisme, snobisme, manque de rythme est le triptyque qui a condamné cette noble discipline ; et ce même s’il se trouvera toujours un DJ ou un artiste à la mode pour s’en inspirer, non sans souvent rappeler qu’il puise ses racines musicales dedans.
Ainsi, dans notre imaginaire le musicien moderne, symbolisé par l’éternel guitariste qui « gratte » en fin de soirée, ramenant à lui l’attention émerveillée de ces dames, bat le clarinettiste le plus talentueux aussi certainement que la pierre bat les ciseaux.

Si faire le récit d’un événement musical auquel le lecteur n’a pas assisté serait assez peu intéressant, voici de quoi vous convaincre que les ciseaux peuvent battre la pierre. La force de cet orchestre réside, c’est entendu, dans sa diversité. Diversité tant diverse que tous ne sont pas membres permanents de notre belle maison universitaire.
Une bonne dose d’Érasmus pour nous rappeler que la musique est une langue universelle, des étudiants d’autres institutions lyonnaises (INSA, Lyon 1 et autres). J’ai même cru apercevoir une lycéenne. Ceci est le fruit d’apport de « pièces rapportées », amis, famille par les étudiants de chez nous. Le succès de cette pratique c’est aussi, et surtout, son aspect collectif qui se prête assez bien au caractère institutionnel de l’université, en cela qu’il brasse un nombre considérable de personnes.

Thierry Vaysse, l’ancien de la garde républicaine, fait figure de ferrailleur-bricoleur avec les moyens dont il dispose et les conditions qui s’imposent à lui, en sa qualité de chef d’orchestre. Car il faut de l’ingéniosité pour marier les contraintes diverses liées à une abondance de pianistes (qui ne peuvent pas être plus d’un par morceaux), une pénurie de matériel chez les percussions, une scène de taille modeste et autres problèmes fondamentaux.

L’inscription à l’orchestre, c’est gratuit. Investissement moindre que le sport, où il faut cotiser d’avance sans certitude que les horaires de la discipline souhaitée ne chevaucheront pas les cours.
Un inconvénient majeur demeure néanmoins : on n’apprend pas à jouer du crin-crin ou du pipeau sur le tas. Et puisqu’il s’agit de jouer en groupe, un niveau minimum s’impose de manière darwinienne dès les premières répétitions.
Ce nombre, restreint, est en l’état un gage de pérennité pour la formation, étant donné la taille de la scène, et l’extensibilité limitée de la capacité d’un orchestre.
Toutefois, si aucune qualification n’est requise, c’est bien pour venir les (nous) écouter à leur prochain concert, le 17 décembre, et briser la confidentialité (presque l’intimité) qui les entoure.

( photo non contractuelle )

No comments

Cet article pourrait vous intéresser

La difficile pérennité de l’innovation

Disruption : Stratégie d’innovation par la remise en question des formes généralement pratiquées sur un marché, pour accoucher d’une « vision », créatrice de produits ou de ...