« Ne pas seulement être la femme de mon mari » Ou la volonté unanime des professionnelles de « Femmes et justice » de Diane RONDOT

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Portraits de femmes de justice

Cette déclaration de Carola ARRIGHI DE CASANOVA, épouse de Jacques ARRIGHI DE CASANOVA, conseiller d’État, résume toute la pensée du livre qui est d’exister en tant que femme à travers son métier de substitut général près de la Cour d’appel de Paris.

Femmes et justice de Diane RONDOT est un ouvrage publié en 2012 aux éditions LexisNexis. L’autrice est partie d’un constat simple mais encore trop ignoré : les étudiantes sont les plus nombreuses sur les bancs des facultés de droit et à exercer plus tard, or elles sont moins visibles que les hommes. Ce livre vise donc à leur redonner la parole – expression ironique pour des personnes pour qui s’exprimer constitue l’essentiel de leur métier.

La préface est rédigée par les deux seules bâtonnières du barreau de Paris, Dominique DE LA GARANDERIE (1998-1999) et Christiane FERAL-SCHUHL (2012-2013) : tout un symbole.

La présentation jouit des talents de photographe de Diane RONDOT. En effet, sur les pages de gauche se trouve un grand portrait de chaque professionnelle, la plupart du temps en majesté dans leur robe ; à droite, leur récit. Ainsi sont dressés près de 80 portraits.

Chaque femme raconte ce qu’elle a envie de raconter : on évite alors de tomber dans le scolaire avec une déclinaison de leurs curriculum vitae. Par conséquent, aucun témoignage n’est semblable : certaines évoquent ce qui les a poussé dans la profession, ou bien décrivent leur quotidien, souvent rude mais toujours passionnant. D’autres font part de ce qui les émeuvent, les rendent heureuses ou les indignent dans le monde de la justice.

Elles sont parfois connues, comme Élisabeth GUIGOU ou Rachida DATI, mais la majorité ne l’est pas, ce qui est mieux pour découvrir objectivement une professionnelle.

Bien que leurs spécialités soient relativement variées, on peut reprocher à l’autrice de n’interroger pratiquement que des Parisiennes ou des femmes exerçant en Île-de-France. Quelques témoignages proviennent d’Outre-mer, et ils sont intéressants car les conflits ne sont pas les mêmes et donc traités différemment – mais rares sont les provinciales.

Voir et lire ces professionnelles est véritablement encourageant pour toute étudiante ayant peu de confiance en elle, car toutes ces femmes accomplies n’ont même pas pensé qu’elles pourraient être freinées en choisissant cette carrière ; c’est, en somme, le meilleur moyen pour réussir.

Le droit autrement

Cet ouvrage se trouve à la bibliothèque universitaire de la Manufacture des Tabacs, au troisième étage, dans une section intitulée « Le droit autrement ». Cette nouveauté de la rentrée 2017-2018 réunit des livres abordant des aspects cocasses ou inconnus du monde juridique. Ainsi un ouvrage traite des procès d’assises les plus bizarres, un autre des lois les plus saugrenues, plusieurs recueillent les plus belles emportées lyriques des avocats… A lire sans modération !

Déborah K.

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