Mon expérience Erasmus en Irlande

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Jean Moulin Post

Mon départ à l’étranger, a été le fruit d’un désir depuis ma première année à l’université Jean Moulin Lyon 3, envisageant de poursuivre ma formation juridique dans un pays étranger. J’ai eu la chance et l’opportunité de partir en Irlande, à l’University College Cork, dans le cadre de mon Master 1 de droit public général. J’ai choisi l’Irlande pour deux raisons principales. D’abord car je souhaitais acquérir de nouveaux concepts, issus d’une tradition juridique différente. Je suis ainsi persuadé, que le monde globalisé dans lequel nous évoluons, requiert des juristes capables de se confronter à de nouveaux systèmes de droit. Ensuite car les enseignements proposés en langue anglaise étaient aussi pour moi primordiaux. La maîtrise d’une langue étrangère est devenue un prérequis nécessaire vers une intégration professionnelle réussie ainsi qu’une mobilité géographique et professionnelle future. Pays de droit coutumier (Common law), l’Irlande et l’University College Cork, répondaient donc à mes attentes.

A) La vie à Cork
1- Logement
Je résidais à Cork dans une petite maison, rue Abbey Street, à deux minutes à pied du centre-ville, de l’English Market et de la rue principale, Saint Patrick Street. Nous avions trouvé ce logement avec mon colocataire français, sur un site internet mettant en relation les particuliers désireux de louer leurs biens à de potentiels locataires. Après de nombreuses recherches auprès des appartements proposés directement par l’université nous avons préféré un logement privé, d’abord pour une question de budget, ensuite pour pouvoir vivre à l’écart de l’université afin de profiter davantage du centre-ville. Cette maison, de type « irlandaise », été composée d’un salon et d’une grande cuisine au rez-de-chaussée, ainsi que d’une petite cour intérieure. A l’étage nous trouvions les quatre chambres et deux salles de bains. Nous étions donc quatre, deux français, une allemande et une irlandaise. Nous payions 300 euros mensuels, avec une caution équivalente à un mois de loyer, 300 euros également. Les charges été divisées en deux parties, d’abord l’électricité, ensuite les déchets. Nous payions en général, environ 30 à 50 euros de charges par mois en fonction de l’utilisation du chauffage pendant les mois d’hiver. En Irlande, l’eau est pour l’instant gratuite pour le consommateur. La maison était directement desservie par une route, toutefois, Cork étant une ville de taille moyenne, la plupart de nos déplacements s’effectuait à pied.

2- Argent
La monnaie irlandaise étant l’euro, les échanges et autres transactions été bien facilités. Toutefois avant de m’y rendre, j’avais préalablement fait l’acquisition d’une carte bancaire VISA afin de pouvoir effectuer en toute simplicité mes transactions depuis l’étranger. Ma carte me permettait de retirer à n’importe quel distributeur ou de payer mes achats sans aucun frais. Aussi je versais tous les mois à ma propriétaire, la somme correspondant à mon loyer, directement sur son compte bancaire. Ma banque française ayant enregistré ses coordonnées bancaires (IBAN, BIC), il n’y a eu aucun souci de transaction de mon compte français sur son compte irlandais.

3- Santé
Je suis couvert depuis maintenant quatre ans, date d’entrée dans mes études supérieures, par la sécurité sociale étudiante SMERRA. Partant à l’étranger lors de l’année universitaire 2013/2014, j’ai donc souscris à une extension de ma sécurité sociale sur l’ensemble du territoire européen, pour 21 euros par mois. Cette couverture sociale me permettait le remboursement éventuel de mes frais de santé du pays d’accueil, les dépenses d’hospitalisation. Une assistance rapatriement, une responsabilité civile et individuelle à l’international étaient disponibles, ainsi qu’une assurance bagages. Enfin, j’étais en possession de la carte européenne d’assurance maladie (CEAM), me permettant de bénéficier d’une prise en charge éventuelle de mes soins médicaux en Europe.

4- Télécommunications
De manière générale, les forfaits proposés en Irlande sont plutôt avantageux. Il existe plusieurs opérateurs comme 3, O2, Tesco, Vodafone … proposant des forfaits bloqués, avec appels, sms et connexion internet 3G en illimité, sans engagement. Pour ma part, comme bon nombre d’entre nous, j’ai choisi l’opérateur 3. Après l’obtention d’une nouvelle carte SIM et d’un numéro irlandais, gratuitement, j’ai pu bénéficier de tous ces services en illimité, pour 20 euros par mois. N’ayant pas internet à la maison, nous utilisions également notre connexion internet sur notre mobile en la partageant à nos ordinateurs. Le forfait mobile permettait ainsi de réduire le coup d’une connexion internet à la maison. Je devais simplement recharger en magasin ou directement par téléphone, tous les mois, mon compte de 20 euros.

5- Vie universitaire
En tant qu’étudiants internationaux, nous étions rattachés au service des relations internationales de l’UCC, dans lequel nous avons été pris en charge dès la première semaine de notre arrivée le 13 septembre 2013. La visite du campus a été organisée par des élèves de l’Université, la remise des cartes étudiants, et les réunions d’information sur la présentation et le déroulement de notre année universitaire ont été également effectuées par ce même service administratif. Les cours se sont découpés en deux semestres, de mi-septembre à mi-décembre et de janvier à mi-avril avec un mois d’examens au mois de mai. J’ai eu le choix de mes cours, avec cependant l’obligation de les faire valider préalablement par l’administration de mon université à Lyon avant mon départ afin que ceux-ci correspondent au mieux aux matières contenues dans mon Master 1 français. Mes cours de droit constitutionnel, administratif, fiscal et européen, se déroulaient du lundi au vendredi.
Il y a cependant de nombreuses différences entre les cours dispensés en France et en Irlande. D’abord, les promotions d’étudiants sont beaucoup moins nombreuses en Irlande, il n’était donc pas rare d’assister à un cours magistral de seulement 10 élèves. Ensuite le volume horaire est également différent puisque nous n’avions souvent que 3 à 4 heures de cours par jours. A contrario, beaucoup de travail est effectué en bibliothèque, de manière personnelle, soit pour la préparation de nos différents travaux dirigés hebdomadaires ou pour les différents devoirs mensuels que nous devions rendre. Enfin, le régime des examens n’étant pas semestrialisé, ces derniers se sont déroulés à la fin de l’année, sur le mois de mai. Le nombre réduit d’élèves dans chaque cours, permettait ainsi d’avoir de réelles relations étudiants-professeurs. Ces derniers étaient toujours très accessibles après chacun de leurs cours pour d’éventuelles questions ou simplement pour échanger. Tous étaient également joignables par mail, et nous pouvions facilement être reçus en rendez-vous personnalisé.

6- Stage
Je n’ai pas effectué de stage en Irlande après mon année universitaire. J’ai toutefois, postulé dans une entreprise de comptabilité, en lien avec mon cours de droit fiscal effectué sur les deux semestres. En général, la rédaction d’une lettre de motivation n’est pas une formalité obligatoire. Par contre, un curriculum vitae bien détaillé est requis.

7- Vie quotidienne
La vie quotidienne était assez douce et paisible. Cork est une ville située au sud-ouest de l’Irlande à 40 km de la mer. Le climat y était donc plutôt doux l’automne ainsi qu’au printemps. L’hiver à quant à lui été assez rude, avec de fortes précipitations, entrainant tempêtes et inondations au mois de février. Malgré cet épisode hivernal, nous pouvons dire aisément qu’il pleut tous les jours en Irlande. Il n’était donc pas rare de partir sous la pluie le matin ou d’arriver trempé le soir. Je commençais mes journées vers 9h le matin et rentrais vers 19h ou 20h le soir. Je partageais mon temps entre la bibliothèque universitaire, les cours et les travaux dirigés. J’occupais mon temps également avec de nombreuses activités, d’abord l’association de droit de la faculté, la participation à plusieurs soirées de conférence au sein de l’université. Je pratiquais ensuite l’athlétisme à raison de 2 à 3 entrainements sportifs par semaine avec le club universitaire, et quelques compétitions les week-ends.
En ville les magasins ouvraient leurs portes également aux alentours de 8h30/9h, et le soir fermaient vers 18h. Bien que j’effectuais la plupart de mes trajets à pied, le bus est bien présent à Cork, comme dans le reste du pays, c’est la société Bus Eireann qui effectue ce service. Un trajet coûte environ 2euros. Si le train existe, le réseau ferroviaire n’est pas très développé en Irlande. La majorité des trajets entre les villes (Dublin, Galway) s’effectuent donc par car. Trois à quatre compagnies se partagent le marché. Il est donc très facile de réserver son billet pour Dublin ou Galway, respectivement à 3h et 2h30 de Cork pour environ 18 euros aller/retour. Enfin, la nourriture est abondante et de qualité. Nous avions la chance de bénéficier de l’English Market, un marché traditionnel au cœur de la ville ou exposent de nombreux maraichers, bouchers et poissonniers. Les produits frais, de qualité et accessible nous ont régalé durant l’année !

B) Bilan et suggestions
De manière générale je dresse un bilan très positif de mon expérience à l’international, que ce soit sur un plan universitaire, professionnel mais également personnel. Et pourtant cela n’a pas été à l’évidence facile. Mes quinze premiers jours d’adaptation ont été particulièrement difficiles et éprouvants pour moi d’un point vue linguistique. En effet, il m’était difficile de comprendre et d’assimiler mes cours à l’université et les quelques heures de cours quotidiens m’épuisaient énormément. Je n’arrivais pas à prendre mes cours, et passais le plus clair de mon temps à la bibliothèque afin de les reprendre. Toutefois, au cours des semaines et des mois, l’assiduité en classe et les efforts pour aller parler avec les irlandais et autres étudiants étrangers ont finis par payer, puisque je commençais bientôt à pouvoir comprendre mes professeurs puis noter leurs cours.

D’un point de vue global, la principale difficulté, ou plutôt le principal défi pour moi était de pouvoir apprendre à vivre pendant un an, dans un pays étranger et ainsi apprivoiser une nouvelle culture. La confrontation à de nouvelles problématiques quotidiennes s’est alors révélée, être pour moi, une source d’épanouissement et d’enrichissement universitaire et personnel. La diversité des rencontres au cours de cette année, à l’université comme en dehors m’ont permis de m’ouvrir davantage aux autres ainsi qu’au monde extérieur. Aussi, l’étude d’un droit étranger, a renforcé mon esprit critique et analytique face aux problèmes juridiques auxquels sont confrontés les juristes.

Cette expérience a donc été bénéfique d’abord d’un point de vu universitaire. En parallèle de mon Master 1 de droit public, j’ai pu valider un double diplôme en Common Law, par l’UCC. Les concepts juridiques étrangers acquis cette année dans des enseignements en langues anglaises m’ont permis d’envisager une future mobilité géographique et professionnelle au cours de ma carrière. A l’heure de l’intégration européenne, l’exercice de la profession de juriste publiciste au sein d’institutions, de collectivités et d’entreprises françaises, communautaires ou internationales est un parcours qui séduit le jeune juriste que je souhaite devenir.

Avant mon séjour j’ai été pris en charge par le service des relations internationales de Lyon 3 qui a permis de faciliter les démarches administratives avec l’université partenaire. Il faut avouer que cet encadrement en amont a été une aide précieuse pour moi. D’abord pendant l’hiver 2012-2013 le service des relations internationales a organisé diverses réunions et stands d’information concernant les possibilités d’études à l’étranger suivant les filières. Ce fut l’occasion pour moi d’obtenir de nombreuses informations sur les universités susceptibles de m’accueillir, permettant de m’orienter dans mes choix. Une fois les dossiers clos et les candidatures sélectionnées, de nombreuses réunions d’information sur le choix des cours mais également des différentes bourses accordées aux étudiants ont été planifiées afin de nous aiguiller dans nos démarches.
En dehors de ces réunions formelles, les relations internationales ont toujours été très disponibles au sein de l’université afin d’apporter les réponses à mes questions sur la préparation de mon séjour. Concernant ma préparation, j’ai suivi en parallèle à ma troisième année de licence, un diplôme universitaire de droit anglais afin de me familiariser avec les concepts de bases de droit anglo-saxon dans un cours annuel entièrement enseigné en langue anglaise.
Enfin, avant mon départ, j’ai été mis en relation avec deux étudiants internationaux dont l’un deux était un étudiant irlandais de Cork, en échange au sein de l’université Jean Moulin Lyon 3. Ce contact m’a été fort utile au moment de choisir mes cours, étant plus à même de me renseigner sur les choix les plus judicieux. J’ai pu retrouver cet étudiant en Irlande, cette année dans mon cours de droit fiscal.

Pendant mon séjour, nous avons été pris en charge dès notre arrivée par le service des relations internationales, qui nous a dès la première semaine présenté l’université et délivré les documents nécessaires au cours de diverses réunions organisées. Je me rendais régulièrement dans ce service, pour faire signer les attestions et autres documents officiels réclamés par les services français.
Finalement, si je devais repartir, je m’inscrirais certainement à des cours d’anglais dispensés à la faculté de langue ou dans d’autres organismes à Lyon, dans le but de partir avec un bagage linguistique plus important. Dans tous les cas, je recommande vivement cette expérience à tous ceux qui veulent partir au cours du cursus universitaire. Toutefois l’année à l’étranger ne doit pas être considérée comme des vacances. L’étudiant doit être conscient que cela ajoutera avant tout un « plus » dans son parcours universitaire, pour plus tard le valoriser professionnellement.
L’expérience Erasmus est une formidable aventure humaine permettant d’ouvrir nos horizons. C’est aussi une chance d’acquérir de précieuses compétences dans des universités étrangères souvent prestigieuses, dont le coup de l’année universitaire s’avère être supérieur à une année en France. Il faut donc saisir cette chance qui s’offre à vous, tout en étant conscient de la confiance que les deux universités vous accordent. A vous ensuite de valoriser cet atout réel à votre retour puis dans votre future parcours professionnel.

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