Lyon se rassemble pour Alep

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Cet article traite du rassemblement qui a eu lieu samedi dernier pour soutenir la ville d’Alep et a été écrit par l’un de nos membres sur place. Il ne représente que son avis personnel et non pas le journal en entier. Bonne lecture !

La ville d’Alep en Syrie, véritable capitale économique avant la guerre de 2011 , était devenue le symbole de la résistance contre le président Bachar El-Assad , devenant une alternative à son pouvoir. En effet, elle était sous contrôle rebelle depuis 2012 et avait créé une organisation politique, en totale autonomie par rapport à Damas. Cependant, elle a subit une attaque éclaire depuis un mois de la part d’une coalition comprenant l’armée syrienne, la Russie et l’Iran. Elle est finalement tombée aux mains du régime à la mi-décembre, tout cela devant l’impuissance de la communauté internationale. Notamment de l’ONU, paralysée par les vétos Russe et Chinois, utilisés six fois. Le plus pressant aujourd’hui est de pouvoir évacuer les habitants d’Alep pris en otage dans une autre région rebelle au nord du pays . Tout cela en sécurité bien entendu. 

Comprenez bien, le but de ce récit n’est pas de chercher les responsables mais au contraire de vous donner de l’espoir. Il s’avère qu’une manifestation a eu lieu à Lyon , place bellecour le samedi 17 décembre. Son but ? Que les Lyonnais montrent leur soutien à la ville d’Alep, tout cela devant un invité de marque : le maire d’Alep-Est, sillonant les villes et les plateaux de télévision pour espérer faire réagir la communauté internationale. D’autres manifestations ont par ailleurs eu lieu ce samedi, d’après le journal « Le Monde », à Lille, Marseille, Paris, Strasbourg et même à Berlin en Allemagne.

Ce rassemblement commença par un discours du maire, Brita Hagi Hasan, toujours le même car il parle de la nécessité des couloirs humanitaires. Mais également des abus commis par l’armée syrienne tel que des massacres ou encore forcé certains rebelles à entrer dans l’armée, de sorte à reconstituer une armée fragilisée par la perte de 60 000 hommes en cinq ans. Cependant, celui-ci nous permet de retenir plusieurs éléments. Tout d’abord, cet homme incarne à lui seul la résistance, une résistance justifiée face à un régime ne respectant pas les Droits de l’Homme. Une preuve flagrante est révélée par le rapport « César », datant de 2013. Ce Syrien nommé César décrit ce qui se passe dans les prisons syriennes. Mais son discours ne réflète pas que cela. Il nous montre une certaine audace, car ces rebelles face à cette coalition peuvent être représentés sous la forme du mythe « David contre Goliath ». Nous remarquons également une certaine impuissance qui émane, ce même sentiment qui se retrouve dans l’attitude de la communauté internationale. Malgré tout cela, nous le voyons, ce maire n’a pas encore renoncé et nous nous ne pouvons que lui renvoyer un profond respect compte tenu des évènements actuels.

Face à ce discours et à cet homme se tenait une foule, compacte, dont je faisais partie. La ville de Lyon a, pour moi, répondu à l’appel, malgré le froid de ce mois de décembre et l’approche de Noel. Une réponse descriptible par le nombre, assez important, avec de nombreuses pancartes pour soutenir Alep et des drapeaux syriens. Une a particulièrement retenu mon attention car désignant un fait revélateur : « Nous sommes Charlie, Nous sommes Paris, Pourquoi sommes-nous si peu Alep ? « . Peu après furent entamés des chants visant plusieurs protagonistes tel que l’Iran , le président Vladimir Poutine et bien sûr le président syrien . Un par dessus tout montrait les convictions de ce rassemblement : « Liberté et Démocratie en Syrie ». 

Pour terminer me diriez-vous , tout cela n’est il pas vain ? A travers Lyon, le peuple français n’a pas renoncé à soutenir ses valeurs. Celles-ci sont par exemple le respect des Droits de l’Homme , la liberté et la démocratie. Je vous l’accorde, ce rassemblement ne changera pas la géopolitique de la Syrie. Cependant, lorsque nous avons des convictions, des causes à défendre il est important de pouvoir les exprimer, de les défendre et de ne pas rester neutre. Ce genre d’événement est une occassion de montrer publiquement notre mécontentement face à l’actualité et d’être un « spectateur engagé » pour reprendre l’expression de l’écrivain Raymond Aron. Pour aller plus loin, le pouvoir de contester localement sans craindre de représailles n’est-il pas utilisé au mieux ? Un droit que tous n’ont pas et de montrer les bienfaits d’une vraie démocratie ? Je garde l’intime conviction que la réponse est oui. 

Fabien Collette/ Photos de Mathis Paulin

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