L’impopulaire Hollande, un homme seul dans sa propre famille

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François Hollande

Les propos suivants n’engagent que leur auteur et ne représentent en rien une quelconque position politique du Jean Moulin Post.

 

C’est la première fois sous la Vème république qu’un président atteint un niveau de popularité aussi bas, et cela s’explique facilement par l’opposition ; la droite, l’extrême droite et l’extrême gauche ; mais également par la division de sa propre famille politique, et cela bien avant la présidence Hollande. En effet, la gauche telle que nous pouvons la voir divisée aujourd’hui, l’était depuis bien longtemps et c’est ce point que nous allons éclaircir dans cet article.

Afin d’expliquer les divisions au sein du PS, remontons à Lionel Jospin, alors Premier Ministre auprès de Jacques Chirac en 1997. Il s’est tenu en la fin de cette même année une élection afin de désigner le nouveau secrétaire général ; une élection opposant François Hollande à Jean-Luc Mélenchon, alors membre du PS. Ceux-ci avaient établi un marché officieux mais Hollande, après son élection écrasante à 91,18% des voix, a décidé de ne pas respecter ce marché, source de tensions.

En 2002, il est évident au PS que c’est à Jospin de se présenter contre Jacques Chirac à la présidentielle ; mais sa défaite au premier tour est un véritable choc dans le pays, laissant Jacques Chirac face à Jean-Marie Le Pen. Suite à cette défaite, Jospin indique sortir de la vie politique, sans laisser d’héritier au PS. Cette défaite secoue totalement le parti, et tout le monde remet en question le poste de Hollande ; de plus, Laurent Fabius, Dominique Strauss-Khan ou encore Martine Aubry revendiquent le poste, en vue de la présidentielle 2007.

Un an avant la primaire socialiste de 2007, Ségolène Royal – alors compagne d’Hollande – se dit prête à se présenter ; ce qui avait plutôt une opinion favorable dans les sondages. Hollande, ne pouvant alors pas se présenter suite à l’échec du référendum européen de 2005, avait comme stratégie de faire monter Royal, afin de la remplacer plus tard et de devenir candidat contre Sarkozy. Cette stratégie était surtout une barrière à Fabius, DSK et Aubry qui étaient candidats à la primaire. Lors de celle-ci, la stratégie fonctionne puisque Royal l’emporte ; mais elle est trop bien placée dans les sondages pour que Hollande puisse l’arrêter et prendre sa place.

Pendant sa campagne post-primaire, elle est abandonnée par les dirigeants du PS car pratiquement personne ne souhaite la voir porter les valeurs de la gauche ; sa campagne est donc d’une terrible solitude. Celle-ci signe une certaine rivalité entre Montebourg et Hollande puisque Montebourg, alors porte-parole de Royal, dit sur un plateau télé « Ségolène Royal n’a qu’un seul défaut, c’est son compagnon ». Du coté du couple, ils sont en pleine séparation, cachée à merveille néanmoins. Après la défaite de Ségolène Royal qui était inévitable, elle souhaite prendre la tête du parti en récupérant le poste de Hollande ; mais les résultats de la présidentielle sont à peine indiqués que Hollande, DSK et Fabius sont sur des plateaux télés afin de la détruire. Ils se sont donc entretenus sur le poste de premier secrétaire du parti ; d’ailleurs la tradition veut que le candidat à la présidentielle soit le premier secrétaire mais Hollande ne compte pas le lui donner car si elle obtient le poste, cela voudrait dire qu’elle serait la candidate légitime pour la présidentielle de 2012.

Plus tard aura lieu le Congrès de Reims en Automne 2008 : c’est l’élection du premier secrétaire du PS avec comme candidats l’ancienne candidate de 2007, Benoît Hamon, Martine Aubry et Bertrand Delanoë. Le second tour va opposer Royal et Aubry avec un penchant dans les sondages pour cette première. Mais lors du second tour, le 21 novembre 2008, on a manipulation totale des votes et on retrouve des territoires comme dans le Nord-Pas-De-Calais avec 95% des voix en faveur de Aubry, ce qui est totalement inhabituel. Certains bureaux ont avoué plus tard avoir reçu l’ordre d’influencer et voir même de truquer les votes de la part du camp Aubry. Le premier secrétaire Hollande est donc appelé à rétablir l’ordre mais il ne fera rien car il est contre ses intérêts de voir Royal lui succéder. Les votes seront donc recomptés et le parti annonce la victoire d’Aubry avec une quarantaine de voix d’écart. Valls, alors porte-parole de Royal, va dénoncer cela mais sans changement. On ne saura jamais ce qui s’est réellement passé à ce moment là.

À la primaire ouverte de la gauche en vue de la présidentielle 2012, Hollande est appelé « Monsieur 3% » en raison des prédictions de vote dans les sondages. En effet, personne ne mise sur lui et tout le monde est avec DSK, qui est populaire et prêt à se présenter. D’ailleurs, ce dernier va voir Hollande et va le menacer en lui disant : « Personne n’aura de poste, et je vous briserai d’une certaine façon. Donc fais allégeance sinon tu partiras tout nu ». Ainsi, il le somme de se rallier sinon Hollande et son petit groupe n’auront pas de poste en vue du prochain quinquennat. Pourtant, il refuse en lui disant « Dominique, j’ai bien entendu ton offre mais j’irai jusqu’au bout de la primaire et puis on verra bien qui gagne » ; cette décision de Hollande n’est comprise par personne car il est évident alors qu’il ne pourra pas gagner la primaire de la gauche, mais il parait sûr de lui. Il annonce sa candidature à la primaire en mars 2011. DSK devait le faire fin mai, mais l’affaire du même nom retentit le 15 Mai 2011. Le candidat le plus populaire de la primaire est arrêté à New York pour tentative de viol, agression sexuelle et séquestration ; les images du président du FMI menotté et embarqué par la police ont réduit à néant ses intentions de se présenter à la présidentielle.

Le PS remet alors sur la table la question de « qui doit se présenter ? » ; les yeux se tournent vers Aubry, alors à la tête du parti, mais elle met longtemps à se décider pour finalement se présenter après les dépositions de Hollande, Valls, Montebourg et Royal. Pendant ce temps, Hollande monte dans les sondages et se positionne en première place lors du 1er tour avec 8% d’écart avec Aubry. Après l’annonce des résultats, Valls et Royal se rallient à Hollande mais le troisième homme de la primaire, Montebourg, reste sans indication pour le moment. Montebourg attend de voir ce que peuvent lui proposer les deux candidats restants ; et contre toute attente, Montebourg se rallie à Hollande alors que leurs idées s’opposent. Hollande sort donc vainqueur de la primaire et devient candidat à l’élection présidentielle le 16 octobre 2011.

Le 22 janvier 2012 a lieu le fameux discours du Bourget où toutes les figures politiques du PS sont au premier rang, comme une forme d’unité politique… Hollande devient donc Président de la République et prend la continuité d’un bilan financier catastrophique, beaucoup plus qu’attendu, mais décide de taire l’état des finances afin de ne pas provoquer une instabilité dans le pays. De plus, Hollande est trahi par Cahuzac dans une affaire où celui-ci a démenti pendant 4 mois l’existence de comptes à l’étranger à la justice et à Hollande avant d’avouer ; cela a pour conséquence de remettre en question l’autorité du Président.

Lors des élections communales en Mars 2014, le PS connait une vive défaite. Valls, de son coté, demande à Hollande le poste de premier ministre afin de remplacer Ayrault qu’il pense ne pas avoir la carrure pour tenir un gouvernement. Hollande nomme donc Valls premier ministre mais il divise la gauche par ses idées économiques et les écologistes ne l’apprécient pas. D’ailleurs, il a conclu un accord avec Montebourg et Hamon pour appuyer sa candidature mais une fois Premier ministre, Montebourg dit à Valls « bien, maintenant il va falloir dégommer pépère ». Mais il lui adresse une fin de non-recevoir. Maintenant qu’il est Premier ministre, il est hors de question que l’on touche à Hollande, ce qui entraîne des tensions au sein du gouvernement. Lors de la fête de la Rose organisée par Montebourg en août 2014, il attaque avec Hamon les politiques économiques de Valls/Hollande ; pour ce faire, Montebourg fait une série de bouteilles nommée « La cuvée du redressement » et il prononce « je vais lui envoyer une bonne bouteille de la cuvée du redressement au président ».

Suite à cet incident politique, Valls démissionne Montebourg, Hamon et toute l’aile gauche du gouvernement ; et c’est à ce moment-là qu’Emmanuel Macron fait son apparition au gouvernement. Après les attentats de novembre 2015, Hollande a voulu rassembler en proposant la déchéance de nationalité dans la constitution le 16 novembre 2015, une mesure uniquement symbolique. Ce projet était une belle occasion pour les adversaires d’Hollande d’intensifier les divisions et c’est ainsi que l’on trouve le plus grand échec du quinquennat qui a de plus divisé d’un trait la gauche ; une gauche qui est encore divisée par la loi travail.

Le 16 novembre 2016, Macron qui a quitté le gouvernement annonce sa candidature pour la présidentielle. Tous les ministres et le PS, dont ses anciens ennemis, demandent à Hollande de ne pas se représenter car cela serait une catastrophe pour le parti et son image. De plus Valls de son coté n’exclut pas de pas se présenter ; Hollande et Valls discutent le lendemain et ce dernier affirme ne pas se présenter si Hollande le fait. Tout se joue extrêmement vite et 3 jours plus tard, le Président de la République fait une annonce officielle où il annonce ne pas se représenter à la présidentielle pour ne pas diviser.

Malgré un bilan quinquennal mitigé, Hollande s’est fait détruire par le contexte mondial, par l’opposition et par son propre parti. Ayant été en difficulté très vite, sa puissance politique a été considérablement réduite et donc sa popularité avec. Il a été victime d’un acharnement par les autres personnalités politiques car il était devenu l’homme à abattre, cause de tous les problèmes ; alors quoi qu’il faisait, il était fortement critiqué.

 

Léo Andrieu

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