Les étudiants de Lyon 3 sont Charlie

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Jean moulin post Lyon

La main tenant fermement le crayon du dessinateur est, aujourd’hui, devenue symbole de liberté.
Mercredi 7 janvier 2015, des millions de personnes du monde entier se sont réunies pour rendre hommage à ces douze victimes et onze blessés, dont quatre grièvement, dans les locaux de Charlie Hebdo, journal satirique français. Ainsi, comme dans toutes les grandes villes, les lyonnais ont été appelés au rassemblement à 18h, place des Terreaux, et ils y répondirent présents avec ferveur. Les rues étaient bloquées, et les personnes brandissaient des pancartes, où l’on pouvait lire : « je suis Charlie », « Liberté d’expression »…

La France est en effet le précurseur de cette notion de liberté d’expression. Considérée comme une liberté fondamentale, dès sa promulgation en 1789, dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, elle apparaît comme la première des libertés. L’article 11 dispose que « la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi. » Et, bien que cet article ne soit pas sujet à réviser l’Histoire, il est important de mettre en lien ce passé, non dénué de moments de violence, et cet acte effroyable produit aujourd’hui. On peut donc noter que malgré des limites réelles et nécessaires, la liberté d’expression est un droit constitutionnel que l’on ne peut abroger, et le peuple français en a pleinement conscience. Les claquements de main et les phrases scandées en rythme ont en ce sens provoqué chez tous un sentiment d’unité : « la République est une et indivisible. »

On constate également qu’une mobilisation massive s’est faite parmi les étudiants. Nombreux étaient ceux qui s’étaient déplacés pour montrer que ces agissements allaient à l’encontre de leur morale et des valeurs qui leur ont été inculquées plus jeunes. A l’université aussi, une minute de silence a été faite le jeudi 8 janvier à midi, à la demande du doyen de la Faculté de droit.
Les étudiants agissant ainsi ont su être dignes de l’éducation reçue et de la formation donnée par l’université, car que l’on aime ou pas Charlie Hebdo, c’est en tant qu’étudiants pensant et s’exprimant librement que nous devons agir.
L’université nous donne, quelle que soit notre discipline, un socle de formation nécessaire pour construire notre propre réflexion, de manière éclairée. C’est par l’enseignement que nous ne sombrons pas dans l’obscurantisme et faisons honneur aux Lumières : « Sapere aude ! » disait Kant : « Aie le courage de penser par ton propre entendement ! ».

La sensibilité de par nos choix d’étude et de notre future carrière, nous oblige à garder en tête ce que nos ancêtres ont dû subir pour nous offrir cette liberté aujourd’hui, à exprimer nos opinions et nos pensées. Bien que Charlie Hebdo n’ait pas été créé à notre époque, c’est à nous étudiants de nous battre pour le monde dans lequel nous souhaitons vivre, et d’exprimer notre affront face aux atteintes portées à notre liberté.

La liberté de pensée, d’expression, est le terreau de notre République, et elle s’exprime dans une presse libre, qui peut parler et surtout rire de tout. C’est là qu’intervient la tolérance, rempart de la violence, alliée du respect. C’est d’une même voix, d’un même cri, que nous devons clamer notre liberté, celle de notre République car, je suis mais surtout, nous sommes Charlie.

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