Hallucinations Collectives : « L’erreur la plus courante est de croire que nous sommes uniquement un festival de cinéma fantastique »

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Affiche du festival Hallucinations Collectives.

À quelques jours de la 10e édition du festival Hallucinations Collectives, qui aura lieu du 11 au 17 avril 2017, le Jean Moulin Post a pu poser quelques questions à Cyril Despontin, co-fondateur de l’association ZoneBis et président du festival.

 

Jean Moulin Post : Comment et quand s’est montée l’association ZoneBis et le festival Hallucinations Collectives ? Quelles ont été les réactions autour de vous ? (notamment de ceux qui deviendront vos partenaires, comme le Comoedia ?)

Cyril Despontin : Elle a été créée dans le but de pallier au manque consécutif à l’arrêt des soirées bis organisées par Julien Rousset à l’Institut Lumière. Elle a fédéré ensuite pas mal de cinéphiles lyonnais (dont certains sont toujours dans l’équipe actuellement), et cela nous a amené à organiser la première édition du festival en 2008 au cinéma Comoedia. Les réactions ont tout de suite été positives et le public a répondu présent dès le début. Le Comoedia nous a toujours fait entièrement confiance et sans eux il aurait été impossible d’en être arrivé là, c’est pourquoi je tiens à les remercier encore une fois.

JMP : Pourquoi « Hallucinations Collectives » ? En quoi votre festival en serait une ?

C.D. : Et pourquoi pas ! (rires) En fait c’est à la fois un nom qui résume parfaitement l’état d’esprit de ce que l’on cherche à faire, et en plus ça évite d’avoir un nom un peu trop administratif tel que « Le festival de Lyon des films bizarres ». On a pas mal réfléchi à ce nom : le côté « Hallucinations » reflète la programmation, et le côté « Collectives » reflète l’idée de vivre une expérience commune, dans une salle de cinéma.

JMP : De quelle édition êtes-vous le plus fier ? Pourquoi ?

C.D. : Je dirais l’édition de 2012 car c’est celle qui a le mieux mélangé les avants-premières de qualité (ce qui n’est pas toujours évident) et les rétrospectives de qualité. C’est aussi l’année où l’on a fait la rencontre du réalisateur Nicolas Boukhrief (Le Convoi (2004), Made in France (2015),…) qui est un peu le parrain non officiel d’Hallucinations Collectives. C’est aussi l’édition où on a ouvert sur The Raid (en présence de son réalisateur) et fini sur Détention, que des bons souvenirs.

JMP : Quelle est la plus grande difficulté dans l’organisation d’un festival reposant sur un cinéma de genre, avec des films souvent très rares ?

C.D. : Justement : de trouver les droits et les copies de ces films rares. On pourrait se contenter de ne proposer que des films qui vont sortir dans l’année, via des distributeurs, mais non : on essaye coûte que coûte de repousser nos limites et de chercher des films de plus en plus rares et oubliés. La thématique des 10 ans de cette année en est le plus parfait exemple. Une autre difficulté que l’on rencontre parfois est la perception du festival : les gens ont parfois du mal à comprendre quel genre de films propose les Hallu’. Et c’est vrai que ce n’est pas forcément facile à définir. L’erreur la plus courante est de croire que nous sommes uniquement un festival de fantastique, ou pire, un festival de séries B, nanars et séries Z. Nous sommes un peu tout ça à la fois : nous avons beaucoup de fantastique, c’est vrai ; il nous arrive de passer un nanar de temps en temps (c’est quand même assez rare), ou des séries B (de qualité !), plus rarement des séries Z. Nous considérons tous les films que nous passons comme de très bons films, ayant un réel intérêt. Leur point commun est d’être atypiques, différents, étranges, et surtout d’être rarement diffusés en salle.

JMP : Comment se déroulent les recherches des copies pour projeter les films (surtout pour les œuvres de patrimoines) ?

C.D. : C’est compliqué, il faut remonter aux distributeurs de l’époque (si le film est sorti en salles en France) et trouver qui peut être le détenteur des droits aujourd’hui. Il nous est arrivé de devoir rebondir sur 5/6 contacts différents avant de trouver LA personne qui avait les droits. La recherche des copies aussi est un sacré challenge mais on ne va pas divulguer tous nos secrets !

JMP : Vous êtes-vous déjà autocensurés ou une salle vous a-t-elle déjà refusé la projection d’un film ?

C.D. : Non, jamais de censure de notre côté. Même si quelques fois, il nous arrive de trouver qu’un film ne passerait pas dans telle ou telle thématique, mais c’est plus un souci de cohésion que de censure. Et non, jamais aucun cinéma ne nous a refusé quoi que ce soit. Ce qui est un peu triste, au final.

 

Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site internet d’Hallucinations collectives !

 

Nos remerciements à l’équipe de ZoneBis et à Cyril Despontin

Interview réalisée en mars 2017 par Lucas Nunes De Carvalho

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