La voix de Leonard Cohen

0
Leonard Cohen

La mort de Leonard Cohen a déjà été annoncée. Le chanteur canadien avait publié, deux semaines avant, probablement le meilleur album de toute sa carrière musicale. Au moins, c’était ce que Cohen pensait. You want it darker est avant tout un message d’adieu. « I’m ready, my Lord » et « I’m out of the game » sont les vers d’un poète qui, face à la mort, est reconnaissant pour toute une vie de succès.

D’ailleurs, Leonard Cohen a toujours été reconnaissant envers l’Espagne et ce qu’elle a signifié pour son ambition musicale. Dans son discours de réception du Prix Prince des Asturies en 2011, l’artiste a confessé l’impulsion procurée à sa carrière par la découverte, durant son adolescence, de l’auteur andalou Federico García Lorca. Après avoir copié le style des grands poètes anglais, il n’avait pas la sensation d’avoir trouvé une voix poétique. La lecture de la poésie de Lorca, à cheval entre la tradition espagnole et l’expérimentation d’avant-garde, lui a permis de chercher son propre « je » littéraire. L’influence de l’artiste espagnol sur sa vie et son œuvre a été telle que le canadien a décidé d’appeler sa fille Lorca Cohen. Le meilleur legs qu’a laissé aux Espagnols le maître Cohen a été la belle chanson Take this Waltz, une adaptation d’un merveilleux poème de Federico García Lorca. La vidéo montre la ville de Grenade dont Cohen était irrémédiablement tombé amoureux.

Mais ce envers quoi Cohen a été le plus reconnaissant dans son discours a été la rencontre, à Montréal, avec un guitariste espagnol qui l’a introduit au monde de la musique. C’est grâce à ce jeune inconnu qu’il a appris les six accords essentiels de la guitare flamenca, des sons qui ont été présents dans absolument toutes ses chansons. L’Espagne lui avait donné une voix et une mélodie : « tout ce que vous considérez digne de vos faveurs dans mes chansons, dans ma poésie, est inspiré de cette terre », a-t-il déclaré.

Cher Monsieur Cohen, merci. Vous vivez encore dans nos rues, dans notre musique, dans notre poésie et dans nos cœurs. Hallelujah.

 

Rubén J. Almendros Peñaranda

(Crédit photo : Takahiro Kyono)

No comments

Cet article pourrait vous intéresser