Immersion dans l’agora culturelle lyonnaise (2)

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Deuxième partie de la visite (la première est à voir ici).

2) Le témoignage du passé

Dans un autre registre, le musée gallo-romain permet un approfondissement de l’apprentissage du paradigme antique, situé dans les hauteurs lyonnaises de Fourvière. Autrefois au centre de Lugdunum, il est aujourd’hui classé patrimoine mondial de l’UNESCO. Au-delà d’un lieu de promenade agréable, le visiteur a la possibilité d’avoir accès à de superbes collections mises en valeur à l’intérieur du musée. Le site se prête en été aux festivals des nuits de Fourvière. On assiste alors à un phénomène intéressant qui permet de créer des liens entre musée et public, autre que par le biais du savoir. Au-delà de la quintessence de rassemblement d’œuvres antiques, le musée gallo-romain est un endroit où la magie antique et la pensée mythologique emportent le visiteur dans un voyage imminent. Pour les étudiants, c’est un site gratuit sous présentation d’un justificatif.

Concernant le devoir de mémoire, il est impératif de se rendre au musée de la résistance et de la déportation, qui propose des expositions permanentes et temporaires. Centre d’histoire aménagé dans l’ancienne école des services de santé militaire, le site se présente également comme un centre de documentation. Mais surtout, il se consacre à l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. L’exposition permanente nous happe par des témoignages et des photographies poignantes. C’est un retour vers le passé empreint d’émotions et de réflexion. Pour appuyer le sentiment d’horreur d’antan, un drapeau nazi est exposé, le même drapeau flottant sur l’hôtel de ville de l’époque. Témoin sombre et silencieux d’une période sanglante de l’histoire de l’humanité. Le centre permet de participer à des ateliers et des animations pour enfants, des parcours découvertes et des visites thématiques sont proposés en supplément. La visite du musée est payante mais des réductions sont mises en vigueur selon les cas de figure. Le site officiel donne plus d’informations sur ces différentes possibilités. Si l’endroit est d’une sobriété de rigueur, les informations attenantes et le poids de l’Histoire appuient à la solennité des lieux. Entre pudeur et émotion, ce musée est une forteresse à connaitre.

3) La culture pour s’évader

La réflexion intérieure et culturelle peut également emprunter d’autres chemins. Et c’est dans cette dynamique que la demeure du chaos prend ses marques.

En effet, c’est dans cet ancien relais de poste situé à Saint-Romain-au-Mont-d’Or que ce titanesque musée à ciel ouvert nous offre sa portée macabrement originale. C’est une curiosité qui fait de plus en plus d’adeptes. Il se mue aujourd’hui en musée contemporain, sous le nom de musée l’Organes. On y assiste à une satire de la société et à la présentation de nouveaux artistes. C’est une sorte de « salons des refusés » modernes. La portée mystique des lieux permet aux visiteurs d’avoir une nouvelle vision de l’art contemporain. Il est gratuit mais n’est pas ouvert tout les jours, le site officiel donne d’autres informations sur ces éléments.

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Certaines œuvres choquent, d’autres attristent, font rire ou permettent une grande réflexion sur soi ou le monde. On y trouve, entre autres, une sorte de bunker sur lequel sont peints les différents trafics mondiaux dont celui de la drogue, l’argent et le trafic d’humains. Mais également une sculpture de ground zéro faite à partir de vrais morceaux des Tours jumelles. En flânant dans l’espace de ces lieux particuliers, on se trouve face à face avec les portraits de dictateurs célèbres, avant de rencontrer une carcasse d’hélicoptère. Ce qui annonce l’ambiance générale du musée. Le site est sans cesse en bataille judiciaire car il ne correspond pas à l’image d’un musée classique. La collection change souvent et le musée en lui-même est censé être une œuvre reflétant le chaos du monde. Jugé trop provocateur et marginal, il n’en reste pas moins une gargantuesque mine culturelle, à aller visiter d’urgence. Pour le plaisir (ou pas) de la rétine et de la conscience.

Ainsi la diversité des musées lyonnais permet un panel important de divertissement et d’approfondissement culturel certain. Au-delà de la volonté d’accumuler des objets et des œuvres comme dans une vitrine géante, c’est l’envie de transcrire et de retranscrire des faits, des souvenirs, des témoignages et du renouveau qui transparait. Au sein d’une ville en totale adéquation avec son passé, tantôt douloureux, tantôt jovial, qui nourrit l’art de vivre, l’art d’apprendre, de connaitre et de renaitre. Au travers de la culture des siens et des autres.

Kahina Mehah

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