Il a pris son skiff : Mathias Raymond, de Pékin à Londres en passant par la Manu’

0

Mens sana in corpore sano. De nationalité monégasque, l’actuel sociétaire de la Société Nautique de Monaco fut un étudiant à Lyon 3, en master de sciences-politiques (M2 ONG). Avec une belle particularité : avoir représenté la Principauté aux Jeux Olympiques, en 2008 à Pékin (en étant même porte-drapeau !), et en 2012 à Londres en aviron.

Etudier ou ramer, il n’a pas choisi. Il a fait les deux. « Beau bébé » d’1m90, 83kg, Mathias Raymond (29 ans depuis le 13 janvier), a dû concilier études et sport de haut-niveau pour atteindre ses deux buts avoués : participer aux JO, et devenir diplomate au sein des organisations internationales. Retraçons son parcours.

4092376

Un problème de dos : 2000, la découverte de l’aviron

C’est en 2000 que la parenthèse enchantée de l’aviron commence pour Mathias : souffrant de problèmes de dos dus à une croissance rapide, ses amis lui parlent de ce sport comme étant un bon moyen de gainer et solidifier son bloc dorsal. Rapidement, il se prendra au jeu et finira par en faire sa passion. En 2003, seulement trois ans après ses débuts, il participe aux championnats du monde junior à Athènes, en finissant premier de la finale de repêchage sur le bassin olympique. 2004, derniers championnats junior, à Banyoles, en Espagne. La consécration vient en 2007 : il devient champion de France à 21 ans. Une performance de premier choix pour le natif du Rocher, ne passant pas inaperçu auprès du Comité Olympique Monégasque qui en fera son porte-drapeau en 2008, à Pékin. S’il ne finit que 22ème à l’épreuve de skiff masculin (éliminé en quart de finale), en guise de consolation, il est élu « 8ème plus beau sportif des jeux ».

Porte-drapeau de la délégation monégasque aux JO de Pékin

Sociétaire de l’AUN de Villefranche-sur-Saône, il engrange deux secondes places aux championnats nationaux, en 2009 et 2010 en même temps que ses participations aux championnats du monde et d’Europe. L’objectif est donc encore une fois de représenter Monaco à Londres : après plusieurs semaines de préparation intense au Parc de Miribel-Jonage, le 3 août 2012, il terminera 6ème de la finale C, soit 18ème : une compétition de skiff réussie pour celui qui rêvait de figurer dans le « top 18 ». Les Jeux de Londres ont probablement été les derniers pour Mathias : depuis, il n’a concouru qu’aux championnats d’Europe à Séville, où il a fini 1er de la finale D. Une perte de poids assumée pour se reconcentrer sur une carrière de diplomate, une fois les études terminées à Lyon 3, la seule faculté à pouvoir proposer une réelle approche universitaire des relations internationales.

iej-grand

La bibliothèque des quais pour s’aérer l’esprit

Il n’était pas facile de concilier le calendrier de la compétition avec celui de l’université. En 2011-2012, année de son M2 en Relations Internationales, il n’a « pas pu passer ses examens plus tôt à cause des compétitions » et a obtenu de l’administration « une session exceptionnelle la dernière semaine de juin ». Il était donc obligé de suivre une formation à distance, via Moodle (feu FDV) : « Ca me manquait de ne pas assister aux cours, de voir du monde, m’aérer l’esprit ». Pour autant, selon les dires de Gilles Carron, enseignant à l’AS : « Mathias était un vieux routier ! C’était un étudiant sérieux, qui arrivait à concilier ses études avec le très haut niveau ». Déjà, la diplomatie l’intéressait beaucoup : « Si j’ai la chance de pouvoir travailler à l’étranger, je n’hésiterai pas à mettre ma carrière sportive entre parenthèses ».

Le costume de diplomate pour traverser l’Atlantique

Mathias Raymond avait pour rêve de devenir le premier Monégasque à traverser l’Atlantique à la rame au moyen de l’association qu’il avait lui-même créé : « Mathias Raymond Oceanic Campaign ». Cependant, les impératifs professionnels l’ont vite conduit vers les canons diplomatiques. Après un stage printanier au Centre de Presse à Monaco en 2013, il a intégré, en octobre de la même année, l’équipe diplomatique de Monaco à l’OSCE. « Pour moi, c’est parfait. C’est exactement le genre de poste que je voulais, mais je ne pensais pas que je l’obtiendrais si vite ».

« En fait, je pensais arrêter juste après les Jeux de Londres. L’an dernier, j’ai réussi le concours de l’Administration, j’étais prêt à passer à autre chose. Finalement, j’ai pu faire une saison supplémentaire. Avec Quentin Antognelli, on a fait les Jeux Méditerranéens puis les Universiades. » Depuis 2014, il suit sa mission diplomatique à Vienne.

Alexandre Ljubojevic

No comments

Cet article pourrait vous intéresser