Grand stade, grandes attentes

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Nouvelle année, nouveau stade.

L’Olympique Lyonnais a inauguré sa nouvelle enceinte le 9 janvier dernier, à l’occasion de la venue de Troyes. Depuis, il y a joué également contre l’autre Olympique, marseillais.

La première impression quand on arrive aux abords du stade est l’adéquation de la construction de l’enceinte par rapport aux canons de la modernité, sans prétendre à l’originalité par rapport aux nouveaux stades construits ces dernières années un peu partout en Europe. Assez logiquement, le Stade des Lumières (nom officieux, en l’attente d’un sponsor qui prêtera son nom à l’enceinte) ressemble à la fois à l’Allianz Arena (Munich) et à l’Emirates Stadium de Londres, propriété d’Arsenal. Il ressemble au premier tant vis-à-vis de sa situation (près de la rocade), que pour son éclairage : en effet, on peut regretter que ce dernier ne soit que partiel à l’extérieur du stade.

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Une construction multifonctionnelle

Outre l’aspect purement agonistique du terrain, on trouve dans les arcanes de nombreuses enseignes (dont la boutique du club), destinées à attirer le chaland plus spectateur que supporter. Il est important également de noter qu’un grand parking a été construit, aussi bien pour les voitures que les vélos, voire-même les trottinettes ! Ceci est une avancée majeure par rapport à Gerland et son unique parking de 2300 places. Pour les personnes arrivant du centre-ville (10 km), plusieurs navettes gratuites TCL sont organisées depuis la Part-Dieu, Vaulx-en-Velin, Décines ou Meyzieu. Le métro faisant figure de grand absent, tramways et cars sont donc logiquement bondés.

L’accès aux tribunes se fait au moyen des larges pontons jetés en direction de Décines. Les entrées sont lettrées de « a » à « z » (assez bizarrement, les lettres « i » et « o » sont absentes). Comme à San Siro (Milan), les tribunes sont organisées en trois anneaux verticaux. L’odeur fraiche de la peinture se fait encore sentir, certaines finitions ne sont pas encore terminées. Une fois arrivés à l’intérieur, le visuel est impeccable : tribunes proches de la pelouse sans parler de la conception du toit. Le secteur visiteurs, pour sa part, se trouve au troisième anneau/étage (virage « rouge ») à gauche du virage sud et cloisonné par un filet.

Une architecture acoustique améliorée

Le projet du « Parc Olympique Lyonnais » fut évoqué pour la première fois en 2005, la ville de Décines étant choisie en 2007 pour accueillir la construction. Dès lors, s’est engagée une véritable lutte qui a opposé les riverains et associations écologiques au club. Nul doute que l’obtention de l’organisation de l’Euro 2016 par la France a permis d’accélérer l’édiction du nouveau stade, étant désormais « d’intérêt général ». Ce n’est donc qu’en 2013 que la première pierre fut posée, un pas décisif vers les grandes ambitions européennes que Jean-Michel Aulas désire faire emprunter au club.

Un grand soin fut pris par les architectes quant à la résonnance que généreraient les tribunes : au final, le rendu est proche de la perfection tant le son se propage avec efficacité. Un constat valable pour le match, encore plus pour le concert de Will.i.am qui donne l’impression d’être dans une boite de nuit malgré la grandeur du stade.

Pour les deux matchs, le public répondit massivement présent. Sur les 59.186 places qu’offre l’enceinte, plus de 55.000 personnes vinrent garnir les tribunes, soit un taux de remplissage oscillant entre 93 et 95%. Ce qui est assez intéressant au vu du prix prohibitif des billets (minimum 30E pour voir Troyes ou Marseille). Heureusement, il ne faudra pas compter débourser autant pour les affiches plus pittoresques.

Stade-Lyon1

Le rugby en mai, Rihanna en juillet

Ainsi, les places les moins chères pour la rencontre contre Bordeaux se situent autour de 15E. Même si les résultats actuels sont très éloignés des objectifs initiaux, l’engouement devrait être présent jusqu’à la fin de saison. Reste à éviter le syndrome lillois, dont le nouveau stade n’est qu’à moitié rempli. Les mauvais résultats testeront à l’avenir la fidélité du public lyonnais.

Au-delà des résultats, certains services proposés par le club (payants bien sûr) ne sont pas encore au point : c’est le cas de certains points de restauration, rapidement à court de nourriture et boissons. Qui plus est, pas très opérationnels. Espérons que l’organisation se perfectionne d’ici la fin de saison car outre le foot, d’autres évènements attendent les lyonnais et européens : les finales des coupes européennes de rugby (13, 14 mai), le concert de Rihanna le 19 juillet sans oublier l’incontournable Euro 2016 en juin qui verra le stade accueillir 8 rencontres.

Alexandre Ljubojevic

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