Critique : La promesse de l’aube

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La Promesse de l’aube est un film biographique franco-belge coécrit et réalisé par Éric Barbier, sorti en 2017. Il s’agit de l’adaptation du roman éponyme de Romain Gary et du film éponyme de Jules Dassin sorti en 1970. La promesse de l’aube nous fait suivre le quotidien plus que hors norme de Nina, une artiste russe s’étant réfugié à partir de 1921 en Pologne, plus précisément dans un immeuble de la ville de Wilno ; tout cela avant de quitter ce pays pour celui qu’elle a tant rêvé pour son fils : la France. Cette Promesse de l’aube développe différents thèmes tous aussi variés les uns que les autres, à commencer par la promesse qu’une mère fait à son fils en espérant ne jamais la tenir, celle de rejoindre le ciel après son petit bonhomme. Les personnalités des personnages sont gravées au fer rouge dans l’esprit des deux acteurs, la finesse du jeu est remarquée et remarquable. L’âme de Romain Gary habite Pierre Niney le temps d’un film pour le bonheur de nos yeux, de nos oreilles et de nos cœurs, et Charlotte Gainsbourg interprète une maman à la poigne de fer. Ce film nous retrace l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, puis d’une mère ordonnant à son fils de chérir une France qui n’a cessé de le rejeter. À l’aube d’une seconde guerre mondiale marquée par l’antisémitisme, le jeune Romain Gary à su se frayer un chemin dans les rues sombres de Vilna, ville qui la vu naître, jusqu’à Nice et Paris, villes qui l’ont vu et fait grandir. En tant que militaire, mais aussi en tant qu’artiste, ce sera sur les terres enflammées de 39-45 qu’il écriera l’un de ses premiers chefs-d’œuvre intitulé Éducation européenne. Son objectif premier sera celui de combler ceux que sa mère n’a jamais réussi et qu’elle projetait en lui.

Ce film nous raconte l’histoire d’une mère apeurée et confiante, à la fois, à l’idée de voir son fils partir ; partir à Paris pour ses études supérieures et ses débuts littéraires comme partir à Londres au combat, l’émotion et l’angoisse est belle est bien présent, la peur de le voir partir, de se faire oublier, de s’ennuyer à en crever et de se voir mourir. À l’image d’une Frida Kahlo mal en point peignant son corset, romain Gary en fait de même en soulignant de manière vive et brute les sentiments qui l’habitent, abandonné par sa mère, la première femme qu’il la voulu, et la dernière qu’il voudra serrer fort dans ses bras. En effet, un film agréable de par la forme et le fond, c’est l’histoire d’un amour démesuré d’une mère, extravagante et excessive, pour son fils, brillant, drôle, en confiance. Une histoire pouvant faire résonner dans nos consciences un vécu commun de par l’universalité du message qui est transmis, un message de paix, d’amour fusionnel et inaliénable liant deux êtres. Une mère.
Une mère l’ayant serré fort dans ses bras, le laissant à peine respirer par peur qu’il s’en aille, 
une mère l’ayant serré fort dans ses bras, le laissant entrevoir seulement ses yeux afin qu’il ne tente pas d’entrevoir dans son cœur la grisaille.

Jessim Belfar

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