Crise du rouble ep-2: On vous aura prévenu, Poutine est sur le coup…

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Jean Moulin Post

Rien de nouveau sous le soleil ! Les agrégats de l’économie restant les mêmes, la Russie : « montagne de neige » telle que la qualifiait Richelieu, s’enlise inexorablement dans sa crise monétaire. L’image est d’ailleurs des plus pertinentes aujourd’hui où à l’Est « winter is coming » mais, si à la différence du mur de Game of thrones, celui de Berlin est censé être tombé depuis longtemps, la crise du rouble semble elle, avoir réveillé quelques vieux démons.

Mais après tout, qu’importe pour le français ou l’européen « eurodevisaire », a fortiori étudiant, les petits tracas du grand voisin rouge repenti. Que la Société générale détienne 99,4% de Rosbank, première banque privée russe, et soit donc exposée à 5 milliards de pertes, que Total réalise 9% de sa production d’hydrocarbures en Russie, que ce pays représente le troisième marché national pour Renault-Nissan, que Danone y réalise 11% de son chiffre d’affaires… peu importe.
Toutes ces données sont de futiles prolégomènes au véritable problème : le destin de la vodka. Prières « exhaussées ». Vladimir Poutine, encore considéré en 2014 par Forbes (l’un des plus influents magasines de presse économique de New-York) comme The world’ s most powerful man devant Obama, Xi Jinping, et le Pape François, est intervenu en bon Père Noël. En effet, le 24 décembre ce dernier a tout simplement gelé le prix de la vodka, autant dire que les fondamentaux du libéralisme économique ont pris un coup de froid.

Cependant, certains étudiants n’auront nul besoin d’alcools forts pour passer de bonnes fêtes, notamment des élèves en sciences politiques, car en effet le président russe vient tout juste de désigner l’OTAN comme « l’ennemi de la Russie ». Cadeau subséquent à une attitude quelque peu taquine des puissances de l’Ouest. Le fait générateur est encore et toujours l’Ukraine, dont le Parlement vient de suspendre, à une écrasante majorité, son statut de pays non aligné. Message clair de Kiev qui, profitant de la faiblesse de son voisin russe, fait de l’œil à l’occident.

Contrairement aux apparences, cette « tension » est du pain béni pour Poutine car quoi de mieux, pour faire oublier une crise et unir un peuple derrière son dirigeant, que de désigner un ennemi qui profiterait de la faiblesse de la Sainte Russie ? Ainsi, sont évoqués les termes de « missiles conventionnels », de « dissuasion stratégique » ou encore de « forces militaires », un retour aux dialogues de la guerre froide, ce qui n’est peut-être qu’une habile diversion, méthode terrifiante mais fréquente dans le concert des nations. D’ aucuns diraient par exemple, que le débat et le vote de la loi sur le mariage pour tous tombaient à pic, alors que l’armée française en 2013 s’engageait au Mali sur l’ordre de François Hollande.
Malin notre cher président ? Il y a dix jours alors que l’Union européenne adoptait de nouvelles sanctions contre la Russie, ce dernier évoquait une « désescalade des sanctions ». Excellente idée pourtant mais étouffée par l’influence décroissante de la France dans une Europe dominée par « Frau Angela » qui porte solidement une culotte que personne ne peut, mais surtout ne veut, lui enlever, surtout pas Hollande qui a déjà les mains prises.

Quoi qu’il en soit de ces futilités géopolitiques, maquillées par une vaine rhétorique partisane, concentrons-nous sur l’essentiel, c’est à dire l’entrée à l’Élysée de la nouvelle compagne du président, une femelle labrador de 3 mois. Avantage : elle ne sait pas écrire, inconvénient : elle laisse des dédicaces sur les tapis. On espère que M. Hollande a le pied gauche volontaire, il paraît que cela porte bonheur, et en plus la matière tient chaud, raison pour laquelle il veut peut-être y mettre le peuple français en ce moment.
Charmant programme, qui ne déplairait pas aux français dont la bouche, ou la plume virtuelle, est grande productrice en la « matière ». Métaphore grossière et ridicule, diront les aimables critiques, ennemis du second degré et acrobates de la bien-pensance, dont l’intelligence ne fleurit que dans le jardin des autres. Ils ont pourtant tort car sans sombrer dans une volubilité fécale, les français parlent souvent de leurs déjections et ce, sans le savoir. « Le saviez-vous » ? La question « ça va ? » signifie à l’origine « comment ça va sur la selle ? » car à l’époque la santé d’une personne était estimée en fonction de la consistance de ses selles. Et oui. A l’occasion il faudra poser la question à Poutine !

Alexandre Ducharne

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