Conférence : Eau source de conflit

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La présidente de Poli’Gones a inauguré la conférence en rappelant : « L’eau est rare, ce n’est pas pour rien qu’on l’appelle l’or bleu ». L’invité de cette conférence était M. Julien Théron spécialiste en Géopolitique et Relations internationales à Sciences Po Saint-Germain-en-Laye.

L’eau est une source hybride et une source de conflits. C’est pourquoi c’est une question qui importe beaucoup, notamment au Moyen-Orient. En effet, en 2016 l’Etat islamique a constitué le plus grand barrage d’Irak à Mossoul. Néanmoins, ce barrage comportait plusieurs risques. Le premier était que le barrage éclate et qu’il inonde la ville de Mossoul, car une vague de 14 mètres engloutirait les habitants de cette ville. Le second était que l’Etat islamique empoisonne l’eau. Le barrage a finalement été récupéré mais l’endroit n’est toujours pas un lieu serein. La détention de l’eau peut ainsi être une source de pression. En effet, lorsque les températures sont très élevées et que les populations n’ont pas bu depuis plusieurs jours, elles sont plus facilement manipulables par les djihadistes. Ils en sont bien conscients, c’est pourquoi ils leurs demandent de tuer des personnes en échange de bouteilles d’eau. L’eau est alors un instrument de guerre. A Damas (Syrie), les rebelles ont également instrumentalisé l’eau pour récupérer des terres. Ils bombardent les points d’eau pour déloger les civils. L’objectif pour les rebelles est que les populations meurent de soif ou qu’ils partent de leurs habitations. En effet l’eau est un besoin primaire sans lequel on ne peut vivre. D’autant plus que le réchauffement climatique entrainera dans les prochaines années un assèchement des sols, une famine de plus en plus présente mais également des manifestations. En Syrie, il y a un important problème de récoltes, il n’y a pas de ressource suffisante. C’est sans doute l’un des facteurs qui a conduit ce pays à la guerre.

La question géographique est fondamentale mais la question de l’eau n’est pas nouvelle. Le Moyen-Orient sait depuis les années 1950 que l’eau deviendra un problème dans l’avenir. En effet, en 2030, 4 milliards de personnes connaitront un problème lié à l’eau. Les zones concernées par ce dérèglement seront tout d’abord l’Afrique, le Moyen-Orient, l’Australie, l’Asie du Sud. La situation de l’eau est symptomatique des régions de demain. L’Europe également est en train de se désertifier. En Afrique, les problèmes liés à l’eau ne sont pas une fiction ou une abstraction. En effet, 300 millions de personnes ont actuellement des problèmes liés à l’eau, ce qui entraine des problèmes d’hygiène et de maladies.

Mais trop d’eau peut également générer des problèmes, comme par exemple au Bangladesh. Il y a des surplus d’eau et il y en aura de plus en plus dans les années à venir. Le problème dans ce cas-là est qu’il n’y a pas assez de terres pour toute la population, ce qui entraine des rivalités, des meurtres, de la corruption. Toutefois, les changements climatiques peuvent comporter des aspects positifs, comme pour les passages maritimes. En effet, par la fonte des glaces, les navires se sont vu avoir de nouveaux accès.

Le réchauffement climatique dans les années à venir va s’amplifier. Les pays chauds vont devenir de plus en plus secs et les pays humides vont devenir de plus en plus humides. Pour ce qui est des animaux par exemple, de plus en plus d’espèces vont être amenées à disparaître dans le futur, à cause des macros déchets qui occupent la nature. Les macros-déchets sont des particules de plastiques de 5mm. Les animaux mangent ces particules et meurent par les toxines que dégage le plastique. Dans les zones aquatiques, des barrages flottants sont alors utilisés pour filtrer l’eau près des zones côtières.

Selon M. Julien Théron il nous reste encore beaucoup d’options pour lutter contre les dérèglements climatiques. En revanche, les populations et les gouvernements ont tendance à s’adapter tardivement. Pour ce qui est de la COP 21 le projet était intéressant mais insuffisant. Ce projet reste néanmoins un avancement car il y a 15 ans, les populations n’avaient pas autant conscience des dérèglements climatiques que pourrait entrainer le réchauffement climatique.

Mélissa Ducarre

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