Le Comoedia s’agrandit de trois nouvelles salles !

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C’est l’une des plus anciennes salles de cinéma de France, et désormais l’un des plus grands multiplexes d’art et essai indépendant. Le Comoedia, que vous connaissiez pour ses 6 salles historiques de la rue Berthelot, va s’agrandir ! A l’occasion de la fin des travaux, nous avons pu échanger avec l’équipe du cinéma et visiter ces fameuses trois nouvelles salles…

Le Comoedia est un lieu centenaire – faut-il le rappeler ? S’il a connu des périodes de non-activité, la salle existe sous sa forme actuelle depuis 2006, grâce notamment à l’action de Marc Bonny (actuel président) et de Marc Guidoni. Il s’agissait de faire survivre un lieu voué à devenir une résidence étudiante, d’en conserver la nature véritable. Ainsi, le Comoedia n’a pas connu de travaux d’ampleur depuis plus de 10 ans. Et, alors que le lieu se contentait de 6 salles depuis 1974, un projet d’agrandissement est venu sur la table il y a quelques années. En 2011, l’INPI (Institut National de la Propriété Industrielle) – un bâtiment mitoyen – a déménagé à Confluence et a fait un appel d’offre pour la reprise des murs. Eiffage, qui avait pour projet d’en faire un hôtel, va ainsi signer un accord avec les équipes du Comoedia pour leur permettre de construire ces trois nouvelles salles. Le projet a ainsi pris plusieurs années et, mi-avril 2017, les travaux ont commencé.

Lorsque Marc Bonny nous introduit dans le nouveau passage construit au bout du couloir et menant vers les salles 4, 5 et 6, on ne peut mentir en disant que les travaux ne sont pas finis. Mais ce sera fini à temps, nous assure-t-il. En tout cas, les volumes sont spacieux, larges, et les salles sont étonnamment hautes. Malgré le petit nombre de fauteuils de ces nouvelles salles (86, 83 et 50), on a de la place. Beaucoup même. Les écrans ne sont pas encore mis mais les sièges sont installés. Il reste quelques coups de peinture à effectuer avant d’installer les projecteurs d’ici la semaine prochaine. L’une des salles présente même l’originalité d’avoir le projecteur en plein milieu, accroché au plafond, dans une sorte d’énorme cube noir. « Les nouvelles technologies le permettent » : moins de chaleur émise par les lampes et pas de bruit. Le projet aura en tout cas coûté environ 2 millions d’euros, dont plus de la moitié provient des subventions du CNC et du fond de soutien financé par la Taxe Spéciale Additionnelle (collectée sur les tickets de cinéma), de la région et d’emprunts bancaires.

Si les salles seront en activité dès le 18 octobre, une période « d’inauguration » aura lieu la semaine du 6 novembre, avec la promesse d’avant-premières et d’événements dans le cinéma. En attendant, et même s’il est toujours difficile d’établir des estimations dans ce domaine-là, l’équipe du Comoedia espère pouvoir montrer une nouveauté supplémentaire par semaine, proposer environ 50 % de séances en plus (soit 5000 séances par an) et espère une augmentation du nombre de spectateurs de l’ordre de 20 à 25 % par rapport à ce qui se fait actuellement.

Plus de salles, oui, mais pour y montrer quoi ? Proposer des films d’art et essai porteurs sur plus long terme, montrer les films qui ne sortent pas à Lyon ou du moins « pas dans des conditions optimales », du cinéma de recherche… Plus de patrimoine ? Ronan Frémondière (directeur du cinéma) rappelle que le Comoedia en fait déjà, notamment l’été avec leur rendez-vous « Plein Soleil sur les classiques » et avec les rendez-vous du GRAC de manière régulière.

En s’agrandissant, le Comoedia, salle d’art et essai majeure de Lyon, ne répond pas directement à l’ouverture des Cinémas Lumière, chapeautés par les équipes de l’Institut Lumière, dans la mesure où l’idée a été mûrie bien avant. Mais cela a tout de même influencé le projet, en diminuant le nombre de sièges prévus. Le public suivra très certainement : le Comoedia est très bien installé auprès du public, l’ouverture de nouvelles salles devrait leur permettre de proposer une plus large gamme d’options cinématographiques. Et tout le monde sait que le nerf de la guerre, c’est d’avoir des films qui toucheront le plus grand nombre de spectateurs.

Lucas Nunes De Carvalho

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