Chocolat

0

Réalisé par Roshdy Zem, Chocolat dresse l’histoire vraie d’une paire qui sort de l’ordinaire pour son époque. Un duo se trouvant au départ isolé, mais dont l’arrivée au sommet finira par faire bon nombre de conservateurs. Nous suivons le parcours d’un jeune homme considéré d’abord comme une bête de foire, du nom de Raphael Padillat, reflet de cette société n’acceptant pas la différence, la voyant même comme un fardeau, plutôt qu’une richesse pour cette France entrant tout juste dans le XXe siècle. Avec son ami Footit, ils sont les premiers à ouvrir la porte aux duos de couleurs.

Mené par un réalisateur dont c’est le quatrième long-métrage, le casting donne l’eau à la bouche : Omar Sy, Clotilde Hesme ou encore James Thiérrée. Des acteurs de talents, pouvant être considérés comme les précurseurs de leur génération.

LE CASTING 

Omar Sy incarne à la perfection ce jeune prodige adepte de la scène. Une âme tourmentée, tiraillée entre deux mondes diamétralement opposés : ses racines africaines d’un coté, le Paris « bling bling » du début du siècle dernier de l’autre. James Thiérrée incarne quant à lui George Footit, le partenaire de Chocolat. C’est bien cet homme qui a eu l’idée de ce duo fou, jugé irréalisable et inexplicable à l’époque. Ils enchainent ainsi cascades, drôleries et farces en tous genres, afin de satisfaire les spectateurs en quête de sensations.

L’actrice Noemie Lvovsky joue, pour sa part, Madame Delvaux, la femme du gérant du cirque Delvaux. Elle reflète cette société arriérée et poussiéreuse, jalouse du succès de Chocolat. Elle ira même jusqu’à effectuer des atrocités pour faire souffrir cet ancien esclave, ce « porte-parole » de la cause noire. A cette mauvaise foi s’ajoute, par exemple, une police absente de toute morale.

A ma plus grande surprise, le rôle tragique se mêlant au comique est bien mené par Omar Sy, un risque pris par Roshdy Zem qui s’avère ainsi payant.

LES CHOIX TECHNIQUES ET LE CONTEXTE HISTORIQUE

Le long-métrage se distingue entre autres par ses choix photographiques. L’éclairage confère à l’ensemble une certaine élégance, une certaine gaité qui est pourtant antithétique avec l’histoire. Cette dernière n’est pas que comédie, rire et clowneries en tous genres ; elle mêle également du drame, des pleurs ainsi que les dessous vétustes et sombres du succès.

Au niveau du contexte historique, il est facile de s’y repérer, que ce soit au niveau social, politique et culturel dans une société à l’aube de l’essor du journalisme et de la presse de masse, illustrée par ‘‘Le petit journal’‘. Ce long-métrage nous emmène plusieurs décennies en arrière, nous coupant de nos problèmes contemporains, afin de nous confronter au spectacle d’une France en pleine ébullition sociale. En partie et surtout grâce à un homme, Raphael Padillat, intermédiaire de cette cause qui n’a cessé de prendre de l’ampleur durant le siècle dernier : la défense de l’égalité entre les hommes.

L’histoire de ce duo comique nous fait passer du rire aux larmes en quelques instants, très forte en émotions. Le réalisateur parvient ainsi à pousser certains acteurs dans leurs retranchements, à les faire aller au-delà d’une simple interprétation, et plus précisément de leur faire sentir ce qu’éprouvait l’individu concerné à ce moment précis. Ne faire plus qu’un avec les personnages, tel était l’objectif de Roschdy Zem.

Ce duo de clowns va donc connaitre différentes aventures tout au long du film, de la désillusion du petit cirque de province à la consécration extraordinaire au cirque de Paris ; il s’en est passé des choses entre ces deux lieux de représentations, et je vous invite à les découvrir.

Jessim Belfar

No comments

Cet article pourrait vous intéresser