A LA RECHERCHE D’EXOPLANÈTES…

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Existe-t-il d’autres planètes semblables à la Terre ?
Mardi 17 octobre se tenait une conférence sur la diversité des exoTerres, par Alexandre Santerne, chercheur au Laboratoire d’Astrophysique de Marseille. Dans sa conférence, ce dernier nous a présenté ses recherches sur les exoplanètes c’est-à-dire des planètes qui tourneraient autour d’autres étoiles, dans un autre système que le nôtre.

Qu’est ce qu’une exoTerre ?

Une exoTerre est une planète qui suit le même modèle que la Terre en ayant la même composition et qui est donc « habitable » pour l’humain et toutes les espèces terrestres. Les chercheurs se focalisent sur ces caractéristiques car ce sont les seules formes de vie que l’on connaisse. Un être vivant pourrait sûrement vivre sans ces critères propres aux espèces terrestres, nous n’en savons encore rien, mais cela reste envisageable.

Pour savoir si une planète peut être habitable, il faut analyser sa composition. PLATO est la seule mission qui pourra l’analyser (pour le moment les instruments dont nous disposons ne sont pas assez précis). On dit qu’une planète habitable se situe dans la « zone habitable ».

Plusieurs hypothèses ont été faites sur la composition de ces planètes. Il y aurait par exemple, les « super Terres » qui feraient 5 fois la masse de la Terre, auraient un noyau de taille moyenne, composé de fer, et seraient entourées d’un manteau de roches. On a également théorisé les « planètes océans » qui seraient composées d’un noyau de glace entouré d’un manteau de roche autour duquel se trouverait une petite couche d’eau. Les « mini-Neptunes », quant à elles, seraient faites d’un noyau de roches et de métaux avec autour un manteau composé d’eau et de gaz, lui-même entouré d’une atmosphère de gaz.

Les astrophysiciens sont donc à la recherche de ces exoplanètes et parcourent l’univers avec des télescopes terrestres, comme par exemple Sophie au Chili (ce télescope se trouve là-bas car le Chili a un ciel stable et pur permettant une vision nette), ou spatiaux, c’est-à-dire qui se situent au-delà de l’atmosphère, dans l’espace, tel que Hubble et Kepler. Ce dernier, lancé en 2009 et conçu par la NASA, a pour objectif principal de détecter des exoplanètes. Entre 2009 et 2017, il en a repéré 4 039.

La mission PLATO

Un nouvel observatoire spatial va être lancé en 2026, grâce à la mission PLATO (Planetary Transits and Oscillations of stars). Cet observatoire aura pour objectif de découvrir et de caractériser des exoplanètes qui ont le même modèle que la Terre. En analysant ces étoiles, PLATO recherchera des variations de lumière qui sont le signe qu’une planète passe devant son étoile. Une planète gravitant autour d’une étoile peut être le signe de l’existence d’un système similaire au nôtre qui pourrait donc avoir des exoTerres. Cette mission permettra donc de savoir si notre système solaire est unique ou si plusieurs autres modèles similaires sont répandus dans l’univers. PLATO pourra analyser les différentes planètes et leur composition, ce qui, jusqu’alors, n’était pas possible. L’objectif est de trouver des planètes rocheuses comme la Terre. L’observatoire pourra également analyser l’atmosphère des planètes et y rechercher le moindre signe de vie.

Cet observatoire sera placé à 1,5 millions de kilomètres de la Terre et devrait fonctionner pendant six ans. La mission PLATO est approuvée par l’ESA (European Space Angency) et coûte environ 600 millions d’euros.

Les récentes découvertes d’exoplanètes

En août 2016, l’exoplanète la plus proche de notre système solaire est découverte : elle s’appelle Proxima Centauri b et se situe dans la zone habitable. Elle a une masse d’environ 30% supérieure à celle de la Terre : elle pourrait peut être correspondre à une « super-Terre ». Proxima ne tourne pas autour de son étoile. Elle a donc une face tout le temps éclairée où il ne fait jamais nuit : cette face est un grand désert. Son autre face est, quant à elle, toujours cachée de la lumière. Se pose alors la question de notion du temps : si des espèces habitent sur cette planète, elles n’ont pas la même notion du temps car il n’y a pas de succession du jour et de la nuit ; d’une période éclairée puis assombrie. De plus, sa période orbitale est de 6,06 jours : cela signifie que Proxima b met 6,06 jours (selon l’échelle de temps de notre espèce) pour faire un tour complet, contre 365 jours pour la Terre.

En février 2017, sept exoplanètes ont été découvertes par la NASA, toutes gravitant autour de la même étoile nommée Trappist-1, qui est une étoile naine située à 39 années lumières de notre système solaire. Les télescopes ont réussi à détecter leur passage devant leur étoile, mais aucune image n’a pu être prise. Cette découverte est particulière, car les planètes se trouvent toutes dans la zone habitable.

Selon Alexandre Santerne, grâce à l’avancée de la science et aux futures découvertes de PLATO notamment, on s’attend à une première annonce de vie extra-terrestre dans les prochaines décennies…

Mais de quel droit nous emparons nous de l’univers ?

Ces recherches d’exoplanètes permettent donc d’agrandir notre connaissance, mais aussi de trouver de nouvelles ressources. Ce dernier critère motive en particulier la Chine qui voudrait envoyer une mission sur la Lune afin d’y récupérer des ressources rares sur la Terre. Mais cela pose une question fondamentale : de quel droit pouvons-nous nous emparer des ressources d’une planète (que ce soit la Terre ou autre) ? Devrions-nous relier ce droit au droit marin ? Ce dernier indique que la mer et les océans sont ouverts à tous : les ressources se trouvant dans ces zones internationales appartiennent à tout le monde. Devrions-nous donc appliquer ce principe aux planètes ? Le 11 juillet 1984, l’Accord régissant les activités des États sur la Lune et les autres corps célestes est entré en vigueur. Il consacre la Lune et les autres corps célestes du système solaire comme « patrimoine commun de l’Humanité ». Cela signifie donc que les ressources de la Lune par exemple, doivent être utilisées de manière pacifique et ne doivent pas être appropriées par un pays ou autre. De plus, si la Lune est un patrimoine commun, les revenus que pourrait générer son exploitation devraient revenir à l’humanité toute entière. Mais les pays concernés par la recherche spatiale, comme la Chine, les États-Unis, la Russie et la France n’ont pas ratifié ce traité… De plus, ce traité s’applique aux planètes du système solaire et non aux exoplanètes. Ce domaine reste donc flou.

Au vu du climat politique actuel, dans lequel des chefs d’État, tel que Donald Trump, osent nier le réchauffement climatique et le fait que la Terre n’est pas remplie de ressources infinies, nous devons réagir et prendre conscience de la limite de ces ressources. La Terre est une planète qui n’appartient et n’a été donnée à personne, même si certains semblent penser le contraire. Elle n’est pas « notre » maison ou « notre » Terre et l’espèce humaine y est très certainement passagère.

Célia Maurincomme

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